Après bien d'autres, sans véritable souci de ponctuation, car le travail continue. Seulement pour insister sur la réussite grâce au principe de continuité. Il a permis la constitution de ce que d'autres appellent une niche écologique. Un espace-temps où s'est lentement mais sûrement développée une vie, une microsociété, avec ses traditions et ses personnalités. Certains passent, d'autres restent. Une sédimentation s'opère, toute culture (dans les deux sens) doit se nourrir d'un tel terreau d'expériences. Une équipe soignante est à l'œuvre, dévouée aux œuvres, indispensable à la cohésion. Un tel art part de rien. L'apragmatisme, les crises émotionnelles, le langage en difficulté, les relations déshumanisées, en somme le chaos. Point d'image idéalisée ni privilégiée de l'art, mais l'utilisation de sa médiation. Point de recherche du beau, mais du moyen d'expression. La beauté vient parfois en surplus, prouver seulement qu'elle peut exister, quelle qu'en soit l'origine. BEUYS : « Tout le monde est artiste », « Des nourritures pour penser ». Et changer, avec le temps, le mode d'exposition de cet art, plus contemporain. Car si la source ne change pas, dans la profondeur du tourment des âmes, le spectateur doit regarder les œuvres autrement, plus proches de nous, de notre époque. Contribuer à la déstigmatisation de la folie, prouver qu'elle peut aussi avoir des aspects positifs constructifs.
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