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Expos art-thérapie - chapelle - parietal - 93

PARIÉTAL

L'atelier contenait tant d'empreintes de mains depuis si longtemps. De leur côté, les pros ont cherché à s'inspirer du néolithique, l'art dit contemporain rejoignait les grottes. Nous suivions notre chemin depuis bien avant. Nul besoin d'exemple, ni de copie. L'atelier est une grotte d'accueil depuis toujours, Investi préhistoriquement aux modes du jour. On y retrouve naturellement les mêmes traces. Coller son corps à la paroi pour se sentir exister, ou la travailler inversement pour en faire sortir l'esprit du lieu. Cette installation de deux grandes toiles de traces corporelles, avec le souvenir en vidéo de la performance ne se veut aucunement une prestation contemporaine, malgré sa forme. Tout au plus l'art-thérapie a droit aussi à se présenter dans un tel dispositif. C'est bien plus un document anthropologique, avec un moyen d'expression vieux comme l'humanité, mais où le regard attentif peut percevoir les attitudes si différentes lors du rituel, pour les gestes ou l'approche du support, et que masque la participation collective. Combien d'artistes cherchent à retrouver l'expérience de la trace, de l'originel. Ici elle est spontanée, comme aux premiers temps, avec les mêmes hésitations ou la même volupté. Leur premier contact avec le médium est explorateur, l'intention d'art vient d'ailleurs. Difficile d'invoquer le résultat d'une unité groupale, au contraire chacun doit chercher à se trouver une place. La dimension sociale s'appuie d'abord sur l'expérience de l'individualité, à affirmer. Illusion d'un effet thérapeutique de groupe, si l'individu doit s'y noyer. L'inverse, l'expérience de la singularité, de sa trace pulsionnelle, en présence de l'autre. L'unité n'est que dans l'apparence de la forme, qui nous aveugle, mais c'est la diversité qui en fait la richesse. Comme dans les grottes, où les dessins se superposaient, sans souci de composition, mais avec une volonté d'affirmation toujours renouvelée.