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« MA SCHIZOPHRENIE »

Sculptures de têtes, sombres ou claires, zébrées, cisaillées, d'amour ou d'étrangeté, installées comme un oiseau. Pris au filet. Il est difficile de contenir, maîtriser ces parts de soi-même malsaines à vivre. Entre mégalomanie, amour impossible, mutisme « stoïque », enfermement protecteur mais aliénant dans la solitude, partage d'humanité si difficile. Seul l'art, que l'on a reçu en invitation, entrouvre une porte. Tableaux en relief, qui font redécouvrir le jeu par de la technique, et la capacité de s'appliquer. Ils s'imposent toujours en nouveaux styles, avec cet effort louable de variation. Commentaire déjà trop long, l'œuvre est censée être une énigme destinée à interroger le spectateur. Que peuvent bien lui dire ces sculptures et ces tableaux du monde de « ma schizophrénie » ? Pourtant ils ont été voulus ainsi. Comment rendre compte du vide, de la déraison, du renoncement à la procréation, de l'échec de l'amour ? Exister ainsi simplement à travers des œuvres, tenter de communiquer l'incommunicable, avoir tout connu du bizarre jusqu'à ce médecin avec qui on a créé. Accepter d'affronter l'angoisse face à un public. Par chance, avoir pu vieillir, dépasser les catastrophes, devenir plus « philosophe », regarder en arrière sur ce que fut cette schizophrénie, ses résidus, pouvoir enfin lui donner une forme, bien visible et concrète.