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PORTRAITS

Translucides. Entrevus dans la liquidité humide de la gouache, puis apparaissant comme une révélation sur le voile séché. Fausse inconsistance du geste, fausse immatérialité de l'icône, c'est la traversée des apparences. Le véritable objet est au-delà de la toile, point besoin de la fendre pour voir à travers. Cet au-delà est une aspiration spirituelle, comme en témoigne anges et êtres démoniaques.

Géométriques. Tout entourés de formes élémentaires, peut-être de reliquats hallucinatoires. Dans les bas-fonds de l'émotion torturée, des visages souffrants, ces représentants d'un ordre élémentaire, auxquels peut-être se raccrocher, témoignent de la difficulté de trouver un code, de lier des mots, pour échapper à la répétition des cycles infernaux des humeurs. Ordre et désordre incompatibles, rationalité et émotions déconnectées.

Automatiques. Prisonniers d'un réseau inextricable, inlassablement recouvert, ils communiquent comme nos nouveaux robots, à l'expression figée. Ils cherchent l'humain derrière la belle mathématique des lignes et des points.

Irruptifs. Ils s'avancent, sûrs d'eux-mêmes, prestes, traversent l'atelier en quelques minutes, satisfaits de leur énormité, sarcastiques.

Pourtant, tous ont la même qualité, la fidélité. Ils sont constants, ils viennent régulièrement se montrer dans le miroir de l'atelier, et d'un coup apparaissent si fragiles en venant chercher notre regard.