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« VOUS M'IMPRESSIONNEZ »

« Docteur, vous m'impressionnez toujours ». Pourtant totale liberté. Mais voilà, comment abandonner le remplissage. Ici, dans cet atelier, il faudrait apprendre à se limiter, travailler le peu, hisser la figure hors d'un fond. Comment freiner son élan, au doigt, au pinceau, au couteau, quand tout le corps voudrait étreindre l'image. Quand la passion est avivée par la femme, ou la guerre, la souffrance d'un homme, ou celle des peuples. Apprendre à contrôler, mettre en relief. Certes l'avoir compris, mais retrouver dans le regard impressionnant, le souvenir traumatique de l'inquisition, du temps de l'école et des apprentissages. Compromis pictural aussi difficile que l'ambivalence à ce regard, à la fois souhaité au nom du soin et de l'art, et redouté inconsciemment à cause du souvenir de la soumission puis de la révolte. Quand le problème technique du peintre révèle son histoire. Allons, poursuivons, ce regard n'est pas ce que l'on croit, exigeant mais tolérant. Pour lui aussi la tache est difficile, un vieux pédiatre anglais conseillait toujours celui de la vigilance effacée.